Chères consœurs, chers confrères,
Nous souhaitions vous faire un retour sur la réunion consacrée à l’évolution des logiciels de gestion officinale et à l’intelligence artificielle.
Cette rencontre, organisée à Aix-en-Provence, a réuni les principaux acteurs du secteur : Infosoft, Léo, Pharmagest, Pharmony, SmartRx et WinPharma, ainsi que le président de la FEIMA, Fédération des éditeurs de logiciels. La plupart des éditeurs étaient représentés par leur direction nationale.
Nous avons également eu le plaisir d’accueillir le journaliste du Moniteur des pharmacies, présent pour suivre les échanges et les enjeux soulevés par cette rencontre.
Un constat partagé : le LGO doit désormais accompagner pleinement notre métier
La première partie de la réunion a permis de présenter, au nom des pharmaciens, un état des lieux de nos besoins et de l’évolution de notre métier.
Nos logiciels ont historiquement été conçus autour de fonctions essentielles : dispensation, facturation, télétransmission, gestion des stocks et des commandes.
Mais notre quotidien a profondément évolué.
Nous devons aujourd’hui pouvoir intégrer dans notre environnement de travail :
- les bilans et entretiens pharmaceutiques ;
- les rendez-vous et les agendas ;
- les rappels et les notifications ;
- la traçabilité de nos interventions ;
- le suivi global du patient ;
- une fiche patient réellement complète et exploitable ;
- le ciblage de populations et de patients ;
- le suivi vaccinal et les actions de prévention ;
- les nouvelles missions et les actes pharmaceutiques ;
- la communication et les échanges avec les autres professionnels de santé ;
- les passerelles avec les différents téléservices et outils numériques ;
- les fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle, dans un cadre sécurisé, transparent et maîtrisé.
L’enjeu est donc de ne plus juxtaposer les outils, mais de faire évoluer le LGO afin qu’il devienne réellement un outil au service de notre exercice professionnel.
Éviter la dispersion des données et les ressaisies
Un point est particulièrement ressorti de nos échanges : aujourd’hui, nous utilisons de nombreux outils différents.
Cela entraîne trop souvent des ruptures dans le parcours, des changements d’environnement, une dispersion des données et surtout des ressaisies chronophages.
Notre demande est donc simple : lorsque des informations existent déjà quelque part, nous devons pouvoir les exploiter dans notre environnement de travail, sans avoir à les saisir à nouveau.
Cela passe notamment par le développement de passerelles sécurisées et d’API, permettant aux différents outils de communiquer entre eux.
L’intelligence artificielle pourrait également contribuer à faciliter l’exploitation des données, à automatiser certaines tâches répétitives et à améliorer l’aide à la décision. Toutefois, son utilisation devra rester encadrée et ne pourra en aucun cas se substituer à l’expertise et à la responsabilité du pharmacien.
Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause la sécurité des données de santé. Au contraire, celle-ci doit rester une priorité.
Mais sécurité ne doit pas nécessairement signifier cloisonnement.
Nous avons besoin de travailler avec nos éditeurs dans une relation de confiance, tout en permettant une meilleure interopérabilité entre les différents services et solutions.
Le véritable objectif : gagner du temps pour retrouver du temps de santé
Derrière cette demande d’évolution des logiciels, notre objectif est avant tout professionnel.
Nous ne cherchons pas simplement à disposer de davantage de fonctionnalités.
Nous voulons gagner du temps sur les tâches administratives et informatiques afin de pouvoir consacrer davantage de temps au patient.
Gagner du temps au comptoir pour pouvoir :
- réaliser un bilan ;
- suivre un patient ;
- vérifier une vaccination ;
- accompagner une personne dans son parcours de santé ;
- réaliser un entretien ;
- effectuer une action de prévention ;
- communiquer avec un autre professionnel de santé ;
- apporter davantage de valeur ajoutée à notre acte de dispensation.
C’est cette évolution de notre métier que nous devons réussir à intégrer dans les outils que nous utilisons quotidiennement.
Des échanges directs avec les éditeurs
La deuxième partie de la réunion a permis à chaque éditeur de présenter son fonctionnement, ses possibilités actuelles ainsi que ses évolutions et projets en cours.
Les échanges ont notamment porté sur les possibilités d’interopérabilité, les contraintes réglementaires, la sécurité des données, l’intelligence artificielle et les développements à venir.
Nous avons également abordé les difficultés rencontrées aujourd’hui avec certaines passerelles, notamment avec les services de l’Assurance Maladie, ainsi que la nécessité de réfléchir à des solutions permettant de fluidifier ces échanges.
Il existe en effet parfois un décalage entre ce que permet techniquement un logiciel et ce que nous pouvons réellement faire avec les différents téléservices auxquels nous devons accéder.
Ce sujet devra également être porté auprès de nos instances et des acteurs concernés.
Le Ségur numérique : une évolution à suivre
Le Ségur 2 a également été évoqué.
Les développements à venir doivent notamment permettre de rendre plus opérationnelles certaines briques déjà existantes et d’améliorer les échanges autour des messageries sécurisées, du dossier médical partagé et, plus largement, de l’interopérabilité.
Cela pourra répondre à une partie de nos besoins.
Mais il nous semble important de ne pas attendre uniquement les évolutions réglementaires.
Le métier évolue rapidement et les outils doivent pouvoir évoluer avec lui.
Une première réunion qui en appelle d’autres
Nous avons souhaité cette rencontre pour faire entendre une position claire : les contraintes réglementaires existent et s’imposent aux éditeurs comme aux pharmaciens, mais elles ne doivent pas empêcher de réfléchir ensemble à ce dont nous avons réellement besoin dans nos officines.
Les échanges ont été constructifs et ont permis un dialogue direct entre les pharmaciens et les éditeurs.
Nous avons également relayé certaines des questions et remarques que vous nous aviez adressées en amont de cette réunion. Nombreux étaient ceux qui souhaitaient participer mais qui n’ont pas pu se déplacer à Aix-en-Provence.
Nous avons donc convenu de poursuivre ce type d’échanges, avec probablement un format différent, permettant d’associer plus largement les pharmaciens du terrain.
Et maintenant ?
Cette réunion constitue une première étape.
Notre profession est en train de changer : nouvelles missions, prévention, vaccination, bilans, entretiens, accompagnement des patients, coordination avec les autres professionnels de santé, développement de l’interprofessionnalité et intégration progressive de l’intelligence artificielle dans nos pratiques.
Nous devons donc nous assurer que nos outils informatiques accompagnent cette transformation plutôt que de devenir une contrainte supplémentaire.
Notre objectif restera le même : moins de temps consacré aux ressaisies, aux ruptures entre les outils et aux tâches administratives ; plus de temps consacré au patient et à notre cœur de métier.
C’est dans cet esprit que nous poursuivrons les échanges avec les éditeurs et que nous continuerons à faire remonter vos besoins et vos difficultés de terrain.
Nous vous tiendrons informés des suites données à cette première rencontre.
Bien confraternellement,
Dr Patrick Magnetto
Vice- Président URPS Pharmaciens PACA
Pour toute question ou accompagnement, n’hésitez pas à nous contacter.













